Barbarita Ysu Bamboli

Par le trou de la serrure

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Barbarita Ysu Bamboli se présente à vous :

B — Nous sommes Barbarita Ysu Bamboli, nous jouons de la musique colorée, cette petite phrase résume pour l’instant le mieux notre style. Nous jouons des compositions morceaux que nous avons composés et écrits. Je parle de musique des couleurs, cela regroupe plusieurs styles…
S — Nous pourrions utiliser le terme de musique du monde, mais comme nous n’aimons pas cette appellation, nous essayons de trouver autre chose. Cette formation est un duo, puisque nous avons eu plusieurs formations avec Barbarita Ysu Bamboli, mais là, nous sommes en duo avec une pédale électronique, ce qui nous permet de jouer d’autres instruments que juste la guitare et la voix.
B — Barbarita Ysu Bamboli, cela ne veut pas dire grand-chose, mais j’appelle Stéphane « Bamboli ». Pour l’histoire, il avait mal compris un mot à Majorque, Pamboli (du pain avec un filet d’huile, de l’ail et des tomates) et cela m’avait beaucoup fait rire, depuis je l’appelle « Bamboli ».

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Rentrer dans le Trou : vos impressions sur le Trou ?
S — Super, j’étais passé une première fois pour assister au concert de Marco & Pipof, c’est un endroit parfait pour jouer en duo, l’acoustique et superbe, la scène est à la bonne taille pour une formation duo / trio. Cette année, vu que nous jouons en duo, nous avons sauté sur l’occasion !

Agrandir son trou : quelle est votre activité du moment ?
S — Chargé, cela fait plaisir. Nous avons quatre dates de suite dans la région. En Espagne, c’est plus difficile de trouver des concerts, nous devons nous déplacer davantage pour pouvoir jouer. Là, nous avons quatre dates sur la Bourgogne, demain à Chalon, St Jean de Losne le week-end, là cela prend la tournure d’une vraie tournée.

Faire son trou : comment voyez-vous votre carrière ?
B — Bueno, c’est un peu compliqué, je travaille à côté, je suis professeur. Cette année, j’ai pris une année sabbatique. Sinon, d’habitude, nous ne jouons principalement que l’été, pendant deux à trois mois, et c’est assez difficile. Le reste de l’année, c’est plus difficile d’allier répétitions, petits concerts et préoccupations professionnelles.
S — Nous prenons le parti de voir venir, c’est vrai que par les temps qui courent, c’est bien d’avoir un travail…

Avoir un trou dans son emploi du temps : que faites-vous pour vous ressourcer ?
B — Voyager si l’on peut.
S — Oui, je dirais la même chose. Nous revenons d’un beau voyage de deux mois, et c’est vrai que nous sommes rentrés début mars, mais nous sommes encore un peu dans ce voyage. C’était en Indochine, au Vietnam, au Cambodge, et au Laos, et la tête est pleine de souvenirs ! Voyager, cela nous donne une énergie – se confronter aux autres, à d’autres cultures, d’autres paysages, pour s’échapper, mais aussi pour mieux revenir et apprécier à sa juste valeur là d’où l’on vient

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Éviter les trous : Une chose à ne surtout pas dire sur vous?
B — Nous ne sommes pas statiques, nous sommes dynamiques sur scène.

N’être pas sorti de son trou : plutôt rats des villes, ou rats des champs ?
S — Rats des champs, mais nous vivons en ville la plupart du temps.
B — J’ai toujours vécu en ville, mais j’aimerai être un rat des champs.

Remplir un trou : votre plus beau souvenir ?
S — La Mano Negra en 1993 aux Eurockénnes il me semble.
B — De notre groupe ?
S — Cela peut être d’un concert aussi ? Du moins, je l’ai compris comme cela.
B — Je dirais quand nous avons commencé à jouer nos compositions, que nous avons fait notre disque.
S — Deux façons de répondre à la question, c’est parfait !

Trou perdu : Un objet qui ne vous quitte jamais ?
S — Le téléphone, c’est un objet qui ne me quitte jamais. Tous les instruments, ma casquette… Nous sommes un petit peu nomades, nous avons tout dans la voiture, nous avons essayé de prendre le strict nécessaire, mais avec tout le matériel, ce n’est pas rien et nous voyageons avec tout ça ! 

Tou de balle : un coup de gueule à passer ?
S — J’ai peu de choses qui me viennent à l’esprit… Sur l’actualité il y en a tellement… Non, dire que pour les musiciens, c’est de plus en plus dur de trouver des lieux où se produire, des lieux comme ici, mais je pense aussi au bar de « l’Univers », et à d’autres… Le coup de gueule, c’est que c’est dur actuellement, et qu’il faut se serrer la ceinture en attendant que cela aille mieux.

Creuser son trou : un conseil pour quelqu’un qui choisirait la même orientation que vous ?
B — Commence tôt ! Pour faire bien, il faut beaucoup de travail, avoir un bagage, et cela ne s’acquiert pas facilement. Pour moi, c’est difficile de parler, mais lorsque j’écris des chansons, c’est à ce moment-là que je m’exprime. Et lorsque je chante, en espagnol, c’est un peu dommage parce que tout le monde ne parle pas espagnol – et c’est pour cela que je dis que nous sommes dynamiques – parce que, pour pallier à cette incompréhension, j’utilise beaucoup la gestuelle. Pourtant, les spectateurs sont le plus souvent très réceptifs.

Trou de gruyère : Votre plat préféré ?
B — Les pâtes ! Les spaghettis !
S — Le gigot d’agneau avec des pommes de terre et de l’ail piqué dedans. Ou le tajine d’agneau aux pruneaux.

Boire comme un trou : Votre vin préféré ?
S — J’adore le Chablis par exemple…
B — Je ne suis pas une experte en vin, mais j’ai appris en France à aimer les vins blancs, et j’aime le Sauternes, et les Côteaux du Layon.
S —  Des goûts de filles (rires !)

Trou de mémoire : Le mot de la fin ?
B — Qu’on est bien quand on est bien !
S — C’est le titre de l’une de nos chansons !

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Au fond du Trou :

C’est une robe à fleurs, tournoyante, virevoltante dans une brise où s’envolent les pétales de clémentinier. Reprises et compositions, citrons et cornes de gazelle. Musique au centre d’un échange, sans tabous artistiques, sans frontières, sonorités qui ne jurent pas.
Il fait un peu frais ce soir, il est bon de rejoindre Cuba « l’isla musica ». Là où les veilles américaines ont trouvé paradis, là où l’on invente le quotidien, et où sous les balcons l’on fume, tout en ruine et en volutes épaisses. Proche du divin, on accompagne les applaudissements.

Cupidon s’invite, en archer maladroit il fait flèches de tout bois, on écoute la complainte enamourée avant que ne fuit le temps. Tremblement et tristesse unie, ensemble, rehaussés de l’espoir incertain de l’amoureuse. C’est ça mon ressenti, et je me fustige de ne connaître la langue fleurie de Cervantès.

Barbara en flamenca nous convertit. C’est un délicieux instant, le spectateur se faufile entre la voix habitée et la musique chaleureuse de Stéphane. Et plus tard en échos naitront du souvenir de cette soirée, de minuscules éclats de lumières, échardes indolores et scintillantes…

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com

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