Jessica Browning

Par le trou de la serrure

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Jessica Browning se présente à vous :
Je m’appelle Jessica, je vis à Lyon avant, j’habitais à Dijon. Je joue de la harpe et je chante. Je suis née à Memphis aux États-Unis.

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Jessica a eu la gentillesse de répondre au questionnaire du Trou :

Rentrer dans le Trou : Vos impressions sur le Trou ?
C‘est assez magique, le son résonne un peu comme dans une cathédrale. Cet endroit est parfait; il y a de bons vins, la salle est très belle, c’est pour moi un accord parfait.

Agrandir son trou : Quelle est votre activité du moment ?
Je suis intermittente du spectacle, je joue de la harpe et je chante. J’ai sorti avec mon amie Marie Dueñas notre premier album qui s’appelle « Camina », que tout le monde peut acheter (rires), et nous sommes en train de trouver un distributeur et un manageur : tout se passe vraiment bien. J’ai déménagé à Lyon pour suivre des cours de musiques actuelles à l’université, pour voir comment je pourrais jouer de la harpe dans de la musique pop : je mets des effets sur ma harpe électrique, je joue de la basse, j’apprends de nouvelles techniques… Dijon est une ville magnifique, quand je suis venue en France, je suis venue à Dijon, Lyon est aussi une très belle ville…

Faire son trou : Comment voyez vous votre carrière ?
C’est presque magique, ma passion c’est la musique, la harpe, c’est chanter et c’est merveilleux ! Je me lève le matin et je me dis que c’est tout ce que j’aime et que je le vis au quotidien. Quand je suis arrivée en France, j’ai joué dans la rue, mon premier contrat fut celui d’un salon de thé « La causerie des mondes » et je sais que c’est Jean-François qui aujourd’hui tient le caveau du Trou, alors, c’est peu une manière de penser que la boucle est bouclée.

Avoir un trou dans son emploi du temps : que faites vous pour vous ressourcer ?
Je médite, la méditation par le souffle, le vipassana, tu essayes de trouver ton souffle. Et en faisant cela, tu tentes de découvrir ta lumière intérieure.

Éviter les trous : une chose à surtout ne pas voir où ne pas entendre ?
Que la vie ne porte pas en elle d’espoir…

N’être pas sorti de son trou : Plutôt rat des villes, ou rat des champs ?
Avant j’étais plutôt de la campagne, mais à présent je suis plutôt de la ville. La ville lorsque parfois elle est silencieuse.

Remplir un trou : votre plus beau souvenir ?
Lorsque mon frère est né. J’avais trois ans, c’est mon plus beau souvenir !

Trou perdu : Un objet qui ne vous quitte jamais ?
Mon cœur, mes harpes.

Creuser son trou : un conseil pour quelqu’un qui choisirait la même orientation que vous ?
Crois en toi ! Apprends à t’aimer… L’estime de soi est une chose très importante.

Trou de balle : un coup de gueule à passer ?
Les gens qui pensent que l’on ne peut pas avoir le contrôle de notre vie, que l’on ne peut pas changer le monde : il y a toujours de l’espoir !

Trou de gruyère : Votre plat préféré ?
J’aime bien les plats très épicés indiens. Je ne sais pas le nom, mais c’est avec de l’aubergine est c’est très fort, il se mange avec des nans et de la sauce à l’ail.

Boire comme un trou : Votre vin préféré ?
Un vin du Trou, je suis américaine, je n’ai pas vraiment de connaissance en oenologie, mais j’aime le vin rouge, le Bourgogne.

Trou de mémoire : une phrase, un mot, une citation un titre de livre pour finir…
All you need is love, parlons la langue de l’amour…

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Au fond du Trou :

Boucles blondes en ondes, les notes de la harpe se perdent en l’océan de sa chevelure. À écouter, c’est boire religieusement un double barreled Bourbon de Prichard’s Tennessee. C’est un alcool mélodieux, servi on the rocks qui entête à mesure que l’interprétation de Jessica dilue ses accents affables. C’est minéral, l’orichalque des Atlantes fantasmé, un chant qui si simplement brille. Ce n’est pas que l’interprète est lumineuse, c’est qu’elle irradie lorsqu’elle prend la parole pour développer sur l’origine de la chanson qui va suivre avec une certaine fraîcheur et un humour si communicatif. On est : goutte de nuage sans vertigo, sans mal des altitudes avant de plonger vers le sol ; un souffle plus doux sévit à terre et l’on tombe presque retenu, rebondissant en douceur sur le velours du sous-bois. Le timbre est un brin cassé, le chant perd en rondeur ce qu’il gagne en transcendance, en aspérités. Il conjugue cette natale enfance aux Amériques, cette manière française de traîner un peu sur les syllabes. Ce sont des échos qui enveloppent les voûtes du Trou. C’est la folk nuitée, la mer, nitescence des vagues de têtes, qui couchent les algues et battent le rivage, effaçant nos pas, creusant le sable au pourtour de nos pieds nus. Harpes comme des enfants, des bougeons et d’autres plus sages. Jessica, faussement ingénue, s’ingénie à nous ouvrir les portes de son monde :  un ciel aux reflets bleus d’ailleurs, un azur dardé de soleil. Corps à corps avec l’instrument, cœur à cri, émotions intérieures comme un hug dans la nuit qui s’avance…

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com

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