Jula-lula

Par le trou de la serrure

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Juja-lula se présente à vous :

Je suis Stéphane Minéot, et je suis batteur, percussionniste de Juja-lula qui est un duo qui existe depuis de nombreuses années : c’est une histoire d’enfance et à présent de grandes personnes. C’est un duo : piano, accordéon, trompette, chant avec Juliette et Lucie, voilà…

Rentrer dans le Trou : Vos impressions sur le Trou ?
J — C’est beau !
S — Oui, c’est très beau, et en plus ça commence à sentir bon, alors cela ajoute plus de chaleur et d’envie de s’installer ici.

Agrandir son trou : Quelle est votre activité du moment ?
L — Devenir un honnête homme (rires). La scène demande de faire intervenir l’intime, et tout se voit.
S — Je ne sais pas quoi répondre…

Faire son trou : Comment voyez-vous votre carrière ?
L — Chaotique, sinueuse, mais néanmoins heureuse. Nous faisons ce que nous voulons et allons dans le sens que nous voulons, et je ne pense pas que cela soit bouché complètement si on assume tout ça.

Avoir un trou dans son emploi du temps : que faites-vous pour vous ressourcer ?
L — J’écoute de la musique !
S — On arrête de joueur pendant quelques mois…
J — Se promener dans la nature…

Éviter les trous : Une chose à ne surtout pas voir, ou à ne surtout pas entendre ?
L — La bêtise… en même temps, c’est important qu’elle soit présente pour que l’on puisse se confronter à elle.

N’être pas sorti de son trou : Plutôt rat des villes, ou rat des champs ?
J — Les deux, alternativement.
S — Personnellement, je suis plus un rat des villes, devenir rat des champs peut faire partie d’une inspiration.
J — On s’échange nos domiciles, Lucie et moi.
L — Juliette est en pleine nature, et moi je vis à Paris. On alterne quand nous avons des besoins changeants.

Remplir un trou : votre plus beau souvenir ?
L — Ce soir, c’est sûr, hier soir (rires)…
S — Les premières fois où nous avons joué. Au départ, Juja-lula est un duo. Elles officient depuis 2000 et je suis avec elles depuis deux ans. Les premiers concerts ensemble se déroulèrent l’été, pendant le Track tour. Le Track tour, c’est une tournée champêtre entre acteurs dans les villages de Haute-Marne qui a lieu tous les ans et qu’elles font en compagnie d’un groupe haut-marnais qui s’appelle les Tournelune. Chaque fois, nous jouions sur la place du village, et ça, c’est vraiment une belle expérience, un beau démarrage…

Trou perdu : Un objet qui ne vous quitte jamais ?
S — Mes lunettes (rires ).
J — Moi, je me suis débarassée de tout les objets qui ne me quittaient jamais.
L — Tu as fait cela très méthodiquement.
J — Oui, c’est vrai, le pouce d’abord, la montre, le stylo plume, je suis libre à présent…

Creuser son trou : un conseil pour quelqu’un qui choisirait la même orientation que vous ?
L — D’être amoureux du plus de choses possible, ces métiers-là sont avant tout sont des histoires d’amours.

Trou de gruyère : Votre plat préféré ?
L — Je ne sais pas, j’aime beaucoup de choses.
S — J’aime moi aussi trop de choses pour avoir un plat préféré.

Boire comme un trou : Votre vin préféré ?
L — Le Pineau d’Aunis, un vin de Loire, et c’est un vin poivré, c’est assez fascinant. Et aussi le Savagnin…
S — Moi j’allais dire un vin du Jura.
L — J’aime bien les vins avec un drôle de caractère.

Trou de mémoire : une phrase, un mot, une citation, un  titre de livre pour finir…
L — Il y a beaucoup d’espace…
S — Il faut s’attendre à tout sauf justement à ce que l’on attend.

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Au fond du Trou :

C’est un pique-nique en été, une macédoine de sensations et de mots que l’on partage comme un vin doux. L’accordéon égaye l’instant, le chant éveille la nature des spectateurs. L’auditoire se laisse aller à une certaine indolence : attente de la belle saison. Les ballets des caisses de Stéphane (ce bourdonnement d’abeilles) visitent le rouge couture des coquelicots dansant dans le corps du chant. « Viens chez moi ! » C’est suivre Juja-lula dans son cosmos, on nous y fait une place et l’on savoure.

Ce sont deux sœurs, il semble que l’affection n’ait pas de faille. L’une est réservée, toute en douceur, l’autre est éthérée, réjouie, sans être dans le rôle. Toutes deux s’embrasent le concert commençant. Chansons qui nous bercent et, qui sans que l’on s’y oppose, nous entrainent avec elles. Là, on arpente un sentier de traverse lacé jusqu’aux cimes.

Me revoici à ce repas champêtre, à prendre collation et brassée de bonheur, au point que le saule n’est que rieur et ne peut être en pleurs. Plus loin, on attend, on tente des rimes, on suppose la fin des couplets sans jamais être dans le juste. Musique et prose qui toujours, au dernier moment, pareils à un train, filent vers une cocasserie de dernière minute, un bouquet lyrique ou plus grave. Les oiseaux s’affolent à mesure que le temps tourne et qu’un souffle s’élève, retombant en trompette et batterie. Ils migreront plus tard en des lieux plus ensoleillés. Les émotions finissent par se lier en gerbes : reprenons du rubis, de ce vin de poésie à boire jusqu’à la lie.

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com

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