K-Syopé

Par le trou de la serrure

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K-Syopé se présente à vous : 
M — C’est une très bonne question… Si nous devions nous présenter ? Trois musiciens passionnés, jazzy, répertoire années soixante, soixante-dix. Nous donnons dans la reprise de beaucoup de chanteurs morts.

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Rentrer dans le Trou : Vos impressions sur le Trou ?
M — Cadre splendide, magnifique !
J.P — Comme à la maison…
M — Cela nous convient tout à fait ! L’objectif, c’est de faire de la musique comme à la maison. Faire en sorte que chacun passe un bon moment, nous y compris.
J.P — Le cadre file la pêche, c’est très motivant, cela donne envie de jouer.

Agrandir son trou : Quelle est votre activité du moment ?
M — Au sein du groupe, nous débutons, ce soir c’est notre première date en Live. Au mois de juin, nous avons des concerts prévus du côté de Clermont-Ferrand.
J.P — Nous démarrons le démarchage en fait.
P — Ce qui prend du temps !
M — Pour l’instant, nous avons surtout essayé de développer le répertoire, nous avons beaucoup répété, avons mis en place un site internet…

Avoir un trou dans son emploi du temps : que faites-vous pour vous ressourcer ?
J.P — Je marche !
P — Le golf.
M — Moi, c’est ni, l’un, ni, l’autre… Patrick était entraîneur de tennis, et moi, ce qui me ressource, c’est la pêche au coup. C’est surtout être au calme dans la nature, sinon la musique, le théâtre, le dessin…

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Éviter les trous : Une chose à ne surtout pas dire sur vous?
P — Que nous sommes vieux (rires) !
M — Nous sommes ouverts, on peut tout dire sur nous, tant que l’on ne touche pas à nos mamans (rires)…
P — Bien sûr, nous pouvons entendre toutes les critiques, qu’elles soient positives ou négatives…

N’être pas sorti de son trou :  Plutôt rats des villes, où rats des champs ?
Tous — Nous sommes rats des champs !

Remplir un trou : votre plus beau souvenir ?
M — Au niveau de ce groupe, j’espère que ce sera ce soir ! J’ai de bons souvenirs sur des concerts où nous interprétions Georges Brassens. Nous étions déjà ensemble. Avec Jean Paul, nous avions un autre groupe, « Contremuse ». Nous avons monté il y a deux ans un spectacle sur Brassens avec un bassiste qui s’appelle Marco. Il y a eu de superbes souvenirs sur ces concerts, avec vraiment de la proximité, des spectateurs qui dansent… C’est vraiment de cette manière que j’ai envie de vivre la scène, être là, sans prétention, pour le partage… Trouver du bien ! Voilà, et ce soir ce sera un grand souvenir avec notre… tiens Patrick vient de s’endormir (rires) !
P — C’est que l’on se fait vieux, à mon âge !

Trou perdu : Un objet qui ne vous quitte jamais ?
J.P — Non, non, je n’ai pas de chose comme ça, non…
M — Non, pas de superstitions.
P — Nous sommes sains d’esprit (rires)…

Trou de balle : un coup de gueule à passer ?
J.P — Toi, tu en as plusieurs…
M — Moi, j’en ai plusieurs. Je suis tout le temps révolté…
P — Se garer dans le quartier…
M — Non, par rapport à ce qui se passe en ce moment. Je ne me sens pas particulièrement bien dans mon époque. On en parle entre nous, mais à grande échelle il y a des choses qui ne peuvent que me faire frissonner. Oui, j’ai peur ! À petite échelle, c’est différent aussi. Arriver à gagner sa vie artistiquement, c’est un vrai parcours du combattant. C’est terrible lorsque l’on voit comment sont réduits les budgets de la culture. Penser c’est désobéir, si tout le monde pouvait rentrer dans de petites cases à force de se faire battre par des sous-produits audiovisuels de piètre qualité…

Creuser son trou : un conseil pour quelqu’un qui choisirait la même orientation que vous ?
M — Ne le faites pas (rires) ! Foncez !
J.P — Il faut beaucoup travailler !
M — Je serais assez mal placé pour dire de ne pas essayer de le tenter vu que, j’ai décidé de ne faire plus que de la musique, du théâtre, du dessin. C’est un pari risqué. J’ai tout laissé tomber pour prendre cette direction, par contre j’ai attendu longtemps avant de faire ce choix. C’est en tout cas beaucoup de travail pour peu de revenus… C’est presque suicidaire, mais cela m’a paru être vital. Donc, oui, lancez-vous (surtout si vous avez une famille fortunée). Et qu’elle vous entretient (rires) !

Trou de gruyère : Votre plat préféré ?
M — Les lasagnes ! et la tartiflette !
J.P — Ah oui ? Non, moi une salade, une entrée fraîche.
P — Pareil. Oui, une bonne salade !
M — Ou sinon, je peux vous faire des petits crevettes au gingembre flambées au whisky, c’est un vrai délice.

Boire comme un trou : Votre vin préféré ?
J.P — J’adore le Pouilly.
M — En blanc, j’aime beaucoup le Chablis
P — J’aime bien le Pouilly fumé.

Trou de mémoire : Le mot de la fin ?
M — Convivialité !
J.P — Oui, c’est très bien !

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Au fond du Trou :

Reprendre l’œuvre d’un grand poète, c’est enfiler un costume taillé pour un Bibendum alors que vous-mêmes êtes bien moins corpulent. Il est délicat de ne pas tomber dans un travers clownesque. L’écueil évité, encore faut-il réussir à rester à sa place tout en faisant rayonner celui dont on fait l’hommage. K-Syopé arrive à endosser le Frac, les mythiques Repetto blanches sont à bonne taille.

Serge, c’est un mec libre, un révolté, un amoureux, un type qui fait dans le beau travail poétique. Ce mec concourt dans la catégorie des raretés humaines, artistiques. Y’a du morceau ! Le gus a du galon ! Il est tout sauf un cave ! Les mots ne sont pas jolis, ils sont pénétrants comme des balles de mitraillette. Tout brille, y compris le spleen.

La voix du chanteur de K-Syopé s’approche de la tessiture de l’homme à tête de chou, sans être dans la tromperie, une sorte de calque que l’on essaie de poser et qui glisse légèrement. Père Gainsbourg t’as bien fait de pas te la jouer Gainsborough et de choisir de délaisser le pinceau.

Tu as un phrasé à se faire pâmer toutes les oiselles des quartiers nantis. Et quand tu fumes, tu fais des volutes comme des virgules avant un soupir. C’est truculent, intelligent… Concert en marche, Nougaro noie le poisson en évoquant Armstrong pour défendre les coloured people. Et plus tard, retrouvant Serge, on se laisse embobiner par un K-Syopé qui dans un tour de scène, rend l’homophonie aux étoiles et brille, géante orange démentiellement immense, lueur qui guide dans la nuit.

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com
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