Les Pentacordés

Par le trou de la serrure
BANNER-EVENEMENT

Je m’appelle Julien, je chante Baryton, la voix la plus grave dans les Pentacordés. Moi c’est Dorothée, je suis Mezzo, c’est la voix la plus grave chez les femmes. Je m’appelle Sophie, je suis soprano colorature, c’est la voix la plus aiguë chez les femmes, et je suis Nantaise. Je m’appelle Scott, je ne suis pas francophone, j’habite dans le quinzième, je suis parisien, et je suis ténor. Clémentine Decouture, soprano, et j’habite Paris : mais j’adore Dijon !

penta2

C — Alors, juste une petite chose : nous sommes les Pentacordés, c’est un mot qui vient d’une ancienne harpe à cinq cordes : la pentacorde. Ce ne sont pas les pintes-accordées. (rire).

S — Et nous sommes un groupe a cappella !

J — C’est à dire que nous chantons à cappella, et sans micro, nous faisons de la musique seulement avec nos voix. C’est du répertoire à cinq voix.

penta1

Les Pentacordés ont accepté de se prêter au questionnaire du Trou :

« Rentrer dans le Trou » : Vos impressions sur Le Trou ?
J — C’est fort sympatique, et surtout cela sonne terriblement bien.
S — C’est très chaleureux, mais il y fait sombre…
Sc — Mais c’est une cave ! Moi, je trouve que c’est très chic, pour une cave…

« Agrandir son trou » : Quelle est votre activité du moment ?
C — Il y aura plus tard un projet « Les Pentacordés se font la malle », qui ira du répertoire classique en passant par la chanson, voilà… Peut-être aussi des créations contemporaines… Un fourbi de plein de styles… Après, chacun de nous, séparément, participe à de nombreux projets en tant que soliste…

« Aligner des Trous » : Reviendrez-vous au Trou ?
J — Au Trou ?
D — Moi, oui, avec plaisir, j’adore l’endroit, le cadre ! C’est surtout très agréable de chanter avec cette acoustique…

« Un trou spatio temporel » : Comment vous-vous voyez dans dix ans ?
Sc — En vie j’espère… (rires)
J — Non, il faut préciser. Scott dit cela car il est le plus âgé (rires),
C — Toujours envie de chanter.
J — En fait, les Pentacordés, c’est le début d’une aventure, nous vivons tout à cent pour cent, on ne sait pas où cela va aller…

« N’avoir pas les yeux ou les oreilles en face des trous » : Le dernier film que vous avez vu, ou le dernier CD que vous avez écouté ?
Sc — Oui, j’ai vu récement le documentaire « À la recherche de Vivian Maier » qui était super, super, super !
C — Il faut aller voir les King’s singers à la salle Gaveau le 26 janvier… (rires)
D — Moi, c’est une pièce au théatre du Rond Point, « Novecento », avec André Dussollier, génial, avec de la musique en live.

« Trou de gruyère » : Votre plat préféré ?
J — Sans aucun doute le gratin dauphinois.
D — Le confit de canard.
S — La tarte aux poireaux.
Sc — Pizza ! Avec un coca !
C — Le chocolat !

« Boire comme un trou » : Votre boisson préférée ?
D — Le Baileys.
J — Une bonne bière ambrée…
S — Un kir royal, c’est délicieux. 

« Habiter dans un trou » : Si vous étiez perdu sur une île déserte, qu’emporteriez-vous ?
Sc — Mon Gramophone aves mes disques, pas besoin d’électricité.
J — J’emmène un bateau à moteur pour pouvoir rentrer (rire)
S — Moi, j’emmène mon piano.
D — Mon chat, mon petit chat…
Sc — Pour le manger après (rires). 

« Trou noir » : si vous étiez Miss Monde, que changeriez vous sur cette planète?
J — Plus de guerre !
Sc — Je veux que dans l’élection de Miss Monde, il y ait une épreuve artistique. Ça m’énerve, l’émission est nulle (rires).

Le mot de la fin ?
S — Beau concert et joyeux Noël !

Trou de vers :

Formation à cordes vocales, nous régalant de chants et de chansons. L’a Cappella, est semblable au premier jet de l’écriture, il est la part de l’intime, sans musique pour sauver la voix ; c’est être dénudé, sans filet, et sans garde corps. Écrire sur Noël, revient à forcément mentir… C’est un souhait de toute humanité que de vouloir grimer la réalité, la raccorder au passé, à l’antériorité des émotions, au nœud anciens des souvenirs et des espoirs. Tout ! Pour ne pas céder aux sirènes en toc…

Ne pas être cet Ulysse ligoté au mât, dans la mélodie trompeuse des déités du mercantilisme, de l’achat nécessaire. Nos besoins premiers laissent place à la primale et fausse nécessité de posséder, et jusqu’à se vider de nous. Écrire sur Noël, c’est souhaiter si chèrement attirer à soi ce qui est bienfaiteur et fraternel. C’est assumer ce besoin de retour aux sources, se deviner bambin en notre mémoire, à l’endroit du temps, au balbutiement de l’inévitable sérieux : sans rêverie et sans prodiges. Paillettes, neige virevoltante, sucre d’orge et pain d’épices, froid dehors et feu dans l’âtre…

penta3

À cet instant, le caveau revêt un air festif, aux voûtes pendent des guirlandes lumineuses, les pupitres sont dans les tons de l’événement. Le paravent du Trou, en bois noir dans son habit de branches à l’aura des nuits majestueuses : il y a un certain apaisement qui se dégage de l’endroit. Les Pentacordés, anatomie chaleureuse, posture d’hiver, don de soi et don aux autres… La cave résonne en rues et cathédrales. Mon enfance adorée me semble moins lointaine et étrangère. Tout lentement s’invite en mon esprit. Repas de maman : confit de tendresse… Les femmes ne peuvent qu’être des anges, le torrent d’amour qui prend son lit en leur cœur sait amoindrir d’un mot doux les malheurs : baisers de miel au front du petit assoupi.

On ne peut que s’abandonner à la nostalgie. Oui, le bonheur est ici ! Il vous est proche!

Se résoudre à invoquer des clichés, cela paraît à la fois rassurant et universel. C’est une plongée dans la toile Freedom from want de Norman Rockwell, c’est le bonheur d’un moment en famille. C’est revenir au chant choral, avec justesse et avec cœur. La fin nous laisse brutalement seul, la franchise de la coupure est bien nécessaire, il faut revenir au présent, avec âpreté, tant l’atmosphère était ourlée de bons sentiments et de félicité.

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com

Benoit1-moustache