Maria Dueñas

Par le trou de la serrure
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Maria et Patrick se présentent à vous :

Si je me présentais, je dirais que je suis née en France par hasard, que mes parents sont partis d’Andalousie. Je me sens espagnole, française, citoyenne du monde, mais fortement Espagnole. Chanter est l’une de mes raisons de vivre. — Moi, je suis un musicien Bourguignon, qui a l’envie d’explorer le monde de par ses voyages musicaux. Je fais de la musique irlandaise, je joue de la musique bretonne… J’aime bien évoluer dans différents styles. Je faisais du rock quand j’étais jeune, je suis touche-à-tout.

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Maria et Patrick ont accepté de se prêter au questionnaire du Trou :

« Rentrer dans le Trou » : Vos impressions sur Le Trou ?
Les mystères, les secrets, un lieu caché, de bonnes choses à déguster. — Moi j’éprouvais une certaine frayeur, je suis claustrophobe. Je suis venu avec une certaine appréhension, mais après… C’est grand, c’est très grand, c’est chaleureux (j’avais peur d’avoir froid, j’ai toujours peur d’avoir froid), on ne se sent pas enfermé, l’endroit est assez ouvert, on ne se sent pas oppressé.

« Aligner des trous » : Reviendrez-vous au Trou ?
Oui ! Quand même, de tout évidence…

« Faire son trou » : Comment voyez-vous votre carrière ?
On se retrouve sur ce projet-là, on conduit chacun des projets très différents. Le terme de carrière n’est pas un mot qui résonne pour moi. Une carrière, c’est un lieu où l’on casse des cailloux. On est tout le temps en évolution, je suis juste sur un chemin artistique qui, depuis plus de vingt ans, me permet de m’épanouir, de partager. — Moi ? Le parcours professionnel est bien derrière moi, devant aussi. Nous avons la chance de vivre de notre métier. Sur ce projet, nous voudrions qu’il soit plus joué, le roder, qu’il y ait plus de monde. Ce sont de belles rencontres, le public sort enchanté. Les gens sont subjugués par la voix de Maria…

« Un trou spatio temporel » : Comment vous-vous voyez dans dix ans ?
Je serai à la retraite ! On peut parler d’autre chose ? (rires) — Dans dix ans ? Du soleil et toujours du soleil…

 « N’avoir pas les yeux ou les oreilles en face des trous » : Le dernier film que vous avez vu, ou le dernier CD que vous avez écouté ?
Un livre : « Le cœur cousu » de Carole Martinez. Une merveille ! — Le dernier texte que j’ai lu c’est la chronique du Trou (rires).

« Trou de gruyère » : Votre plat préféré ?
 La vie ! — Moi les pizzas !

 « Boire comme un trou » : Votre boisson préférée ?
La bière, toute sorte de bières – pas les Kro, les Heineken, mais de bonnes bières bien brassées. — Moi, c’est de l’eau plate.

 « Habiter dans un trou » : Si vous étiez perdu sur une île déserte qu’emporteriez-vous ?
Le souvenir de toutes les belles choses vécues. — Une guitare ! J’ai bien pensé à un ordinateur, mais les batteries s’usent vite, donc, oui, une guitare

 « Trou noir » : si vous étiez Miss Monde, que changeriez vous sur cette planète?
Miss Monde… Elle peut changer quelque chose ? Que les gens prennent soin d’eux, des autres. — C’est un vaste débat… (rires)

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Trou de vers :

C’est une connivence de voyage. Ça pétille de bonté et de douceur. Ça rayonne ! Éblouissement. Un astre complice tiédit oisivement ce corps andalou revenu de la baignade. Ouvrons-nous aux mystères d’une voie transie par le souffle de Lorca qui, minuscule, se blottit au sein du palpitant de Maria ; passager clandestin échauffant le sens et le son, nous ranimant. Neufs, contemplons la poésie s’ériger en protectrice de l’univers intelligible et cryptique : les mots sont précieux, ils inondent…

Résonne la voix — en filet, en force, en émotion. Un vibrato aux teintes sang et or d’une bandière, d’un camp de sentiments en armes. La guitare s’évade en solo, un fruit à la peau fauve. Les mains clapent en rythme, saccadé, et accompagnent les éclats de la complainte. Voici la déferlante d’échos et de cœur, vague de fond qui frôle le récif de corail de la langue de Garcia, de sa proue d’argent… Évocation du réveil, un rideau blanc chahuté par un vent qui fait frémir les balancelles d’un parc public.

L’amour semble avoir plus belle robe lorsqu’il retentit en espagnol : enjôleur, tempétueux, furieux, dramatique… « Je t’aime » est susurré les yeux dans les yeux, les lèvres rouges dans le cou. Tango ! Et tombent les âmes mortes !

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On pourrait se laisser aller à croire que le temps n’est qu’une valeur. Rejeter science et mathématiques, leur préférant ressenti et art poétique. C’est presque trop tard — la voix de Maria se pose, avant que le chant ne soit attristé par le silence. Applaudissements, dernière révérence : un morceau plus dansant, et c’est l’anatomie andalouse qui tourbillonne à se perdre, songeant au génie de Frederico, à sa macabre fin.

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com

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