M&B

Par le trou de la serrure

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Marylin et Bill de M&B se présentent à vous :

Nous nous sommes rencontrés à l’école Jazz’on en 2009, nous avons sympathisé et sommes devenus amis. Nous nous sommes retrouvés à chanter ensemble plusieurs fois, nous avons trouvé que nos voix se mariaient bien. Nous avons décidé il y a un peu moins de deux ans de monter un duo. Nous avons répété sans cesse pendant une longue période pour finir par donner quelques concerts.

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Rentrer dans le Trou : Vos impressions sur le Trou ?
B — C’est fabuleux ! Nous avons découvert l’endroit avec notre professeur de chant qui se produisait ici justement. C’est un lieu très visuel, mais aussi sonore. Les voûtes avec le son rendent un effet superbe. Nous nous étions dit que cela nous plairait de nous produire au Trou. Nous chantons essentiellement des reprises.
M — Nous pouvons préciser que notre professeur de chant Romain Billard alias NoÉh nous a écrit une chanson, pour le reste ce sont effectivement des reprises…

Faire son trou : Comment voyez vous votre carrière ?
B — C’est le début, nous allons essayer de faire plus de concerts sur Dijon.
M — Pour l’instant, nous composons avec le temps, nous ne nous sommes pas fixé de fréquences précises pour les concerts. Nous avons progressé par étapes, puisque cet été nous avons fait quelques enregistrements que nous avons numérisés. Nous essayons de faire jouer le réseau, de prospecter, de faire un peu au feeling, et puis on verra bien… Peut être par la suite faire quelques compositions, j’en ai d’ailleurs écrites de mon côté, pour l’heure je ne les chante pas en public.

Avoir un trou dans son emploi du temps : que faites-vous pour vous ressourcer ?
B — Dormir ! (rires)
M — Chanter nous ressource, les répétitions sont des moments privilégiés qui nous permettent d’oublier notre semaine de travail.
B — Oui, cela nous fait penser à tout autre chose…

N’être pas sorti de son trou : Plutôt rat des villes, ou rat des champs ?
B — Je suis rat des villes, elle est rat des champs.
M — Personnellement, je pense que je suis un peu des deux, parfois j’ai envie d’être à la ville et lorsque la campagne me manque je redeviens rat des champs.

Remplir un trou : votre plus beau souvenir ?
M — Chanter au bord de la piscine avec les violoncelles, c’était pas mal…
B — Nous avons chanté avec 40 violoncelles autour d’une piscine.
M — Et notre expérience avec le Médium Band…
B — Nous avons chanté avec eux aussi, c’était compliqué : trouver une chanson, un arrangement, demander à l’arrangeur d’adapter la chanson…
M — Il a fallu qu’on contacte quelqu’un aux États-Unis. Donc, ça, ce sont des périples assez sympathiques …

Trou perdu : Un objet qui ne vous quitte jamais ?
B — Ma guitare !
M — Mon nez de clown, je l’emmène partout avec moi !

Creuser son trou : un conseil pour quelqu’un qui choisirait la même orientation que vous ?
M — D’être régulier dans sa pratique.

Trou de balle : un coup de gueule à passer ?
M — On a un peu baissé en énergie, et là il faut qu’on pousse « un sacré coup de gueule » pour que tout soit dynamique (rires)

Trou de gruyère : Votre plat préféré ?
M — Moi, ce sont les œufs en meurette. Si c’est à la carte, je ne regarde même pas le reste.
B — Pas de plat spécifique, la cuisine française…

Boire comme un trou : Votre vin préféré ?
M — De bons vins…
B — Puligny-Montrachet ou… Un rouge de la Côte de nuits.
M — Un bon vieux rouge qui tache…

Trou de mémoire : une phrase, un mot, une citation, un  titre de livre pour finir…
Ce fut très intéressant

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Au fond du Trou :

Je suis inondé de bruits, cacophonie du plaisir de se retrouver ensemble. On boit, picore avec bonheur, on attend avec impatience que ce chahut bonhomme, se mue en un bruissement miniature : que la nostalgie pointe. Laissons-nous aller, reprenons une lampée de cette époque, où EP et instamatic grésillaient et flashaient à nous en faire oublier cet âge avançant qui ne peut qu’être de trop ce soir.

Nous fêtons ici le retour à nos jeunes années. C’est l’échappée belle dans la mémoire, se souvenir des in-love, des courants de liberté qui fleurissaient, un jardin de contestations, et ce souffle qui nous paraissait essentiel tant le monde était à réinventer.

J’en viens à plonger dans cette piscine : image californienne. Un motel aux lits massants; eau tiède, chaises de plastique rouges, parasol faisant le beau jeu d’un slogan de cigarettier, et cette vue sur le strip lointain, comme se mesurer à un serpent au corps infini.

Étendu dans l’herbe endormie, un autre jour qu’une matinée d’hiver, j’attends que vienne se briser la nuit contre l’ombre des heures où l’on se repose. Dans les bras l’un de l’autre, lorsque d’un feu il ne reste que les braises rougeoyantes. Les flammes perdent de leur superbe dans le spectacle d’une bûche qui se laisse polir, lui donnant la forme des exotiques bois flottés ; on se regarde en s’aimant, calorifiquement heureux, à peine troublé par un reste de veillée.

À quitter la forêt, on marche pieds nus sur une terre jaune, on souhaite que la pluie ruine la sécheresse en une boue où nos pas s’enfoncent, y laissant une trace.  Au détour d’un grain de voix, on retrouve ces poet singers. Memory travaille dans un Family diner. Dernière halte avant de se confronter à la solitude de la route : semelles de rêves et chevaux de vents.

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com

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