Minimum Décent

Par le trou de la serrure

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Jacques Maître et Éric Ferrand du  « Minimum Décent » se présentent à vous :

J — Le « Minimum Décent » fait au Trou sa troisième apparition, et non des moindres. Nous donnons dans le minimalisme incantatoire.
E — Oui, c’est pas mal… On peut aussi dire que nous faisons de la poésie électrique, enfin c’est compliqué de catégoriser.
J — Parallèlement nous menons plusieurs projets, Le Minimum Décent est né fin 2013, nous n’avons pas encore fêté notre 1er anniversaire, comme tu as vu, la matière texte ne manque pas.

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Ils ont accepté de se prêter au questionnaire du Trou :

 « Rentrer dans le Trou » : Vos impressions sur Le Trou ?
E — J’adore !
J — Je ne connaissais pas, c’est la première fois que je viens, et cette ambiance troglodyte… Nous sommes dans une cave, mais sans souffrir de la température ou de l’humidité, l’accueil est sympathique.

« Agrandir son trou » : Quelle est votre activité du moment ?
J — Je fais de la musique, et l’écriture est un travail quotidien. Je suis aussi investi dans un groupe qui s’appelle « Le Fou et la Vénus », dont tu as certainement vu des vidéos sur internet. Nous préparons avec cette formation le Printemps de Bourges. Nous attendons une réponse… Et puis, du texte, du texte, du texte : tous les jours…
E — Moi, il y a l’aventure avec Jacques, et j’ai une compagnie qui s’appelle « L’oreille interne » pour laquelle je suis metteur en scène, je m’occupe de la mise en scène et de la composition musicale des spectacles, qui tournent autour du théâtre. Mais il y a toujours un rapport avec la musique, puisque je viens de là. Il y a deux créations en cours, l’une qui s’appelle « Profanation de la viande » où j’ai fait une sortie résidence au Consortium. Je te vois sourire au titre… C’est un projet de théâtre musical expérimental, qui essaie d’avoir l’énergie du rock, mais plutôt dans une écriture de musique plus contemporaine. Un théâtre performance autour d’un auteur qui s’appelle Michael Glück. Et le deuxième projet s’appelle « Virtuel », c’est un dispositif de théâtre multimédia avec le comédien Jacques Ville. C’est une pièce qui essaie d’envisager notre relation actuelle et future au numérique, aux mondes virtuels, à l’immersion, tous ces thèmes… 

« Aligner des trous » : Reviendrez-vous au Trou ?
J — À la fois en auditeur, mais surtout en épicurien.
E — C’est prévu, assister à des spectacles, et goûter les très bonnes planchas du chef. C’est un nouveau lieu qui fera partie du circuit.

« Se réfugier dans un trou » : Un lieu où vous aimeriez jouer ?
J — Le Printemps de Bourges en fait partie.
E — Je l’ai fait, le Printemps de Bourges, mais il y a longtemps… On se ferait bien un petit cabaret parisien, un lieu comme ça, sans vouloir faire de parisianisme. Des scènes plus grandes. Bien que notre formation soit assez réduite, il me semble que ce que l’on joue pourrait avoir plus d’ampleur sur une scène plus imposante.
J — Je crois que peu importe l’envergure du plateau ; l’énergie, l’alchimie guitare-voix, et l’instant vécu peuvent trouver leur place dans n’importe quelle configuration.
E — Nous avons testé en version intimiste, maintenant j’aimerais bien voir ce que cela peut donner avec plus de son.

« Un trou spatio temporel » : Comment vous-vous voyez dans dix ans ?
J — La carrière ? C’est marrant, parce que c’est un trou, un trou dans la tête dont on extrait des pierres… Si je dois considérer ma carrière dans dix ans, j’espère avoir plus de trous à approfondir, qu’on ait su creuser ces sillons-là, sans pouvoir présumer de la réussite sociale ou financière.
E— C’est difficile comme question, moi, de décennie en décennie, j’ai changé souvent, du rock, aux installations, à la mise en scène… Là, je reviens à la musique, tout en gardant les projets théâtraux, donc dans dix ans je suis incapable d’augurer ce qui pourrait se produire.
J — En espérant seulement que l’aventure humaine soit tout aussi passionnante, incertaine, en tout cas : pleinement vécue.

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« N’avoir pas les yeux ou les oreilles en face des trous » : Le dernier film que vous avez vu, ou le dernier CD que vous avez écouté ?
J — « Mexico city blues » de Jack Kerouac. C’est le dernier bouquin.
E — Moi je dirais : Henry Bauchau, en général… C’est un de mes auteurs préférés, n’importe quel livre, je prends ! L’exposition  « Niki de Saint Phalle » en ce moment au Grand Palais qui m’a vraiment touché, j’ai découvert le parcours d’une artiste engagée. 

« Trou de gruyère » : Votre plat préféré ?
J — Je dirais une femme à qui je peux faire du plat.
N — Pas mieux (rires). 

« Boire comme un trou » : Votre boisson préférée ?
E — Côtes du Rhône !
J — Celui qui donne l’ivresse. 

« Habiter dans un trou » : Si vous étiez perdu sur une île déserte qu’emportiez-vous ?
J —  Qu’est ce que j’emporterais sur une île déserte ?
E — Je prendrais des œuvres complètes, histoire de tenir un bon moment, mais de qui ?  Avec Shakespeare, on est tranquille pour un moment, je pense…
J — Quelques questions, que je me poserais : « Être ou ne pas être ?» — peut-être une bonne question. 

« Trou noir » : si vous étiez Miss Monde, que changeriez vous sur cette planète?
J — Le concours de Miss Monde
E — Je m’attèlerais à l’énergie, qu’on délaisse le pétrole ou le gaz.
J— Le regard que l’on pose sur le monde… 

Le mot de la fin ?
J — Encore…

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Trou de vers :

Électro Slom plat. Attendus, les mots ; le séisme viendra. Sismographe en indécence. Au Minimum : l’aiguille au repos. En surface, rien ne semble se produire. Pourtant, les tressaillements d’une langue au style aigu affolent déjà les appareils mesurant la démesure. La guitare s’emballe, et l’électro diagramme se noircit aussitôt que le papier défile. Prévenir les auditeurs !

En nappes, sous le manteau, on revend du magma. Le Styx brûle, au sein des Enfers où Hadès et Cerbère jouent au lancer de bâton, et tout ça pour relâcher la pression. Vapeurs de profoundis qui couvent et explosent, tentant de se tailler du bouillon. Malades Rois, à vous sceptres et lauriers de la poésie hématique qui coule et s’amalgame : mutisme indispensable lorsque l’on s’empoivre au sens profond.

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Electro l’électrique donne la trique et rend bandants des mots qui n’en avaient pas conscience. La vie est une catin, elle en a marre du tango, elle désirerait ardemment qu’on la devine nue après l’avoir aimée vêtue. Double sens, feux aux croisements à tombeau ouvert on se plaît en révolutions.

L’adorable est partout, du béton à la machine-outil. Flux désorganique, taylorisé, des habitacles sortent de l’usine de montage, comme autant de fantômes qui s’en vont nous hanter. Électro Slom mouvant : les bâtiments tanguent avant de s’effondrer étouffés dans la poussière grise… Fracas et chaos. Va te faire voir chez les Grecs ! (et Bucéphale était un gros morceau). Vis ton spleen dilué dans l’eau. Maintenant ! Pareil à une marie-louise mal découpée qui rognerait une photo. Balancement : onde de choc à en maudire la squame, la tectonique.

Terre usée à force de se sentir immobile. Jouissant enfin, quitte à en exterminer la Race. Égoïsme titanesque qui finit par tout ruiner.

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com

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