NoÉh

Par le trou de la serrure

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Romain Billard et Bernard Magnin de NoÉh se présente à vous :

R — NoÉh est le nom d’un projet solo, mon nom est Romain. J’ai commencé à écrire des chansons en tant qu’auteur-compositeur, j’ai cherché une entité, ou un nom d’artiste qui pourrait représenter ce projet. J’avais envie de travailler avec d’autres musiciens, mais les interventions étaient pour servir ce projet et la vision que j’en avais. NoÉh sert de véhicule à toutes ces rencontres artistiques, notamment avec Bernard avec qui je joue depuis plusieurs années sur ce projet.
B.M.L — Qui compose et qui écrit ?
B — C’est Romain.
R — C’est moi qui compose les textes et les musiques, ensuite, je soumets mon travail à Bernard qui trouve avec ses instruments un axe que nous partageons : quels sons on peut trouver, et comment peut-on faire vivre cette musique née chez moi, sur mon clavier, ou mon ordinateur ?

Ils ont accepté de se prêter au questionnaire du Trou :

« Rentrer dans le Trou » : Vos impressions sur Le Trou ?
B — C’est une découverte, je ne connaissais pas cet endroit, j’ai quarante ans de métier et je pense que cet endroit a été créé récemment : je ne le connaissais pas. C’est Romain qui m’a invité à le découvrir. La première impression est bonne, le son est intéressant, contrairement à certains caveaux où il y a beaucoup de résonnances. Le son y est agréable, nous verrons comment cela se passera avec le public, mais au départ, c’est une bonne impression.

« Agrandir son trou » : Quelle est votre activité du moment ?
B.M.L — Votre activité du moment, c’est bien entendu le concert de ce soir, et après ?
R— Exactement… Là, en ce qui me concerne en tant que Romain Billard, j’ai écrit un spectacle pour enfants qui sera joué au Bistrot de la Scène (une salle dijonnaise) au mois de février, et qui se nomme « Le syndrôme chat ». Toujours au même endroit, avec Bernard, nous nous produirons pour un spectacle autour de NoÉh en mai prochain. 

« Aligner des Trous » : Reviendrez-vous au Trou ?
B — On vous le dira à la fin (rires).

« Se réfugier dans un trou » : Un lieu où vous aimeriez jouer ?
B — Une grande salle avec beaucoup de chaises (rires)… Non, en fait, ce qui est important, c’est l’acoustique. Donc toutes les scènes qui rendent un son agréable et où l’on peut se sentir à l’aise. Je pense aussi que, pour les établissements comme le Trou, c’est aussi beaucoup le rapport avec les patrons. C’est très important, le contact que l’on peut avoir, et l’échange, et le public qui vient… Donc forcément, finalement, en fonction du patron et de son engagement.

« Un trou spatio temporel » : Comment vous-vous voyez dans dix ans ?
B — Dans dix ans, je me vois toujours à faire la même chose, j’ai un âge avancé par rapport à Romain (rires). De toute manière, je resterai dans un univers musical, je vivrai ma passion jusqu’au bout. Ce que je développe avec Romain et ce que j’aime particulièrement faire : travailler dans un climat piano-voix intimiste. On mélange les atmosphères, puisque nous avons un jeu un peu synthétique. Mais ce que je préfère, c’est trouver ce coté intimiste piano-voix. 

« N’avoir pas les yeux ou les oreilles en face des trous » : Le dernier film que vous avez vu, ou le dernier CD que vous avez écouté ?
R — Moi, je recommande un film, je ne sais plus s’il passe actuellement, le dernier Xavier Dolan : «Mommy ». J’ai pris une très grosse claque, et je me dis que quand le cinéma produit ce genre d’effet, ça fait du bien.
B — Je n’ai pas de films particuliers en tête, c’est plutôt l’écoute de groupes de musique, mais je n’ai pas de choix particulier.

« Trou de gruyère » : Votre plat préféré ?
B — Ça va être difficile …Personnellement je suis très diététique, puisque j’ai en parallèle une activité de nutrithérapeute.
B.M.L — Donc ce n’est pas Mc Do ?
B — Non, ce n’est pas Mc Do, c’est plutôt des choses saines telles que les légumes, le cru principalement. Le moins cuisiné possible.
R — J’y reviens toujours : des pommes de terres rissolées avec une bonne salade verte !

« Boire comme un trou » : Votre boisson préférée ?
B — Je préfère le vin rouge et les bons crus de Bourgogne, mais assez rarement, pour le côté fête.
R — Toujours pour faire la fête, n’importe quel bon vin italien qui sent bon le soleil.

« Habiter dans un trou » : Si vous étiez perdu sur une île déserte, qu’emporteriez-vous ?
B — Je pense que j’essairais de vivre en mon for intérieur, plutot que d’emporter une chose extérieur à moi même, superficielle.
R — De quoi brancher un lecteur de musique avec n’importe quel album de Stevie Wonder, pour se dire que la vie continue… 

« Trou noir » : si vous étiez Miss Monde, que changeriez vous sur cette planète?
B — La préserver au maximum, ainsi que ses ressources et ses richesses : arrêter de les détruire pour l’argent et au détriment de la vie, c’est pour moi esssentiel.
N — Ça revient souvent dans mes textes : ce serait que tous les grands de ce monde se devraient de protéger tous les enfants de la planète de ce qui pourrait leur arriver.

Le mot de la fin ?
B — Que tout se passe bien…
R — Vivement que ça commence !

Trou de vers :

À l’aveugle, installé dans ce fauteuil, en retrait : régaler un autre sens que la vue. Le son se suffira à lui-même. Les paroles seront entendues d’une oreille attentive. Semblables à un livre que l’on vous lit et qui se raconte. La sensibilité du pavillon travaille…
Le ressenti est tout aussi beau. Choix surprenant de rester ici, loin du concert, de préférer l’audition amaurotique? C’est revenir aux origines, être sous une Nout étoilée, son corps nu moucheté de constellations, portant la lune en écrin, couvrant la Terre, pieds tendus, Polaris de la petite ourse, mains en extensions, la Croix du Sud.
À cette lutte, la vue sort souvent en vainqueur, tant, pour tous, les objets du monde doivent apparaître tangibles. Lumière d’une bougie… J’écoute l’électro de poche. Bien avant le tour de scène, NoÉh restait en retrait ; un plongeur répétant intérieurement son envol pour se représenter la perfection du plongeon.

Piano en pas-à-pas… Voix qui nous posent ! Un timbre de soul en chœur, la lumière peint au travers des vitraux dans un temple de Harlem. Juste moi, enfin presque… Au titre : applaudissements ! La sincérité est factuelle. Pas de mots prononcés en vain. L’attention de l’auditoire me pousse à retrouver la vue ; émergeant de ma cache, je reste debout dans la cave. C’est une succession de révérences en direction d’un public à aimer. Beats en boîtes, boucles de l’artiste, sans dédoublement, d’égotisme. Au piano, les fa naissent sans être fats. Electro résonnance, compositions intimes, aux racines racées d’un set émouvant de gentillesse et d’humilité.
Les maux se maudissent d’eux-mêmes, s’évaporent… La musique les atomise en une agonie d’origami de papier crépon. L’intention n’est autre que de partager un moment en vis-à-vis de soi. La délicatesse reprenant un trône usurpé par la condescendance.
Univers majestueux que celui dirigé par la douceur.

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com

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