Plasterman

Par le trou de la serrure

BANNER-PLASTERMAN

Plasterman se présente à vous :

Anne — Je ne suis pas musicienne de base, c’est Manu qui m’a amenée à la musique. Je suis éducatrice de métier, et pour le groupe, je dirais que  nous sommes une bande de bons musiciens qui savent se faire plaisir.

L1120554

Moi, c’est Manu, je suis aussi éducateur, c’est comme cela que nous nous sommes rencontrés. Et la musique ? Anne avait un grand goût pour la musique, même si elle n’était pas musicienne au départ. Nous jouons ensemble depuis 2009. Nous sommes en perpétuelle recherche pour nous améliorer, Anne va être davantage au chant par exemple. Nous travaillons des reprises, nous faisons de nouvelles compositions… Nous avons aussi un autre groupe que l’on vient  de lancer : les Venturas, où nous jouons de la musique surf rock instrumental, ce sont des reprises d’un groupe qui s’appelait les Ventures qui lui même reprenait souvent des morceaux, c’est vraiment le début de la guitare électrique qui était en son clair, avec beaucoup de reverb.

L1120553

Rentrer dans le Trou : Vos impressions sur le Trou ?
M — C’est vachement beau !
A — Oui, c’est vraiment beau, magnifique !
M — Nous sommes passés devant plusieurs fois avant de trouver… Lorsque l’on descend les marches on n’imagine pas que le Trou est comme ça. Les photos du site ne rendent pas hommage au lieu : descendre et déboucher sur la cave, avec ce si vaste espace…
A — Et la déco est juste top, c’est une belle surprise !

Agrandir son trou : Quelle est votre activité du moment ?
M — Nous essayons de faire en moyenne deux à trois concerts par mois. On a un troisième concert à Blanzy, au festival Blanzy en Mars. Plusieurs groupes jouent dans les cafés pendant une soirée… Nous faisons beaucoup de dates en Saône-et-Loire, et avec Plasterman, c’est la première fois que nous jouons en Côte d’Or ! Le but, c’est d’essayer de jouer le plus possible…

Faire son trou : Comment voyez-vous votre carrière ?
M — Nous ne cherchons pas la célébrité, ce que l’on aimerait, c’est pouvoir jouer assez régulièrement, sans être obligé de démarcher sans cesse… Se faire un petit nom pour que les propositions ne viennent pas de nous, mais vienne des autres…
A — Une évolution musicale aussi, s’améliorer, travailler nos instruments parce que techniquement, il y a des choses que nous ne savons pas faire.
M — Tu vois, j’ai sorti l’hamonica tout à l’heure, mais je ne sais pas très bien en jouer, je débute en fait. J’aimerais bien en jouer d’avantage, aussi bien dans d’autres styles…

Avoir un trou dans son emploi du temps : que faites-vous pour vous ressourcer ?
M — Nous vivons au milieu de nulle part, notre ressource, elle se trouve à la maison.
A — Nous n’avons pas de voisins, nous ne sommes entourés de personne et nous avons beaucoup d’animaux. Nous passons notre temps dans la nature avec les animaux…

Éviter les trous : Une chose à ne surtout pas voir, ou à ne surtout pas entendre sur votre travail?
M — Je pense que nous pouvons tout entendre sur notre travail, les critiques sont toujours constructives. Le plus dur c’est l’indifférence : il nous est arrivé de jouer et que les gens n’aient pas été du tout réceptif.
A — C’est une claque, et en même temps, cela nous fait réfléchir et l’on tente de rectifier, même si ce n’est pas toujours facile.

L1120561

Remplir un trou : votre plus beau souvenir ?
A — Moi, j’en ai un, (c’est dommage, elle n’est pas là) et c’est avec Anaïs qui joue du violoncelle. Anaïs joue extrêmement bien du violoncelle et il n’y a pas très longtemps, j’étais en train de jouer, et là, elle part en improvisation, et j’en avais la chaire de poule, et ça m’a donné une banane !
M — Moi, c’est plus des souvenirs de concerts. Un concert notamment, pour une Saint Patrick, une ambiance de folie, un bordel total…

Trou perdu : Un objet qui ne vous quitte jamais ?
A — Aucun, je ne suis pas du tout une personne matérialiste…
M — Un médiator, j’en ai toujours un dans la poche, même si je me trouve en short.

Creuser son trou : un conseil pour quelqu’un qui choisirait la même orientation que vous ?
M — De prendre la musique folk au sérieux, c’est une musique qui mérite vraiment d’être travaillée, elle semble plus simple, mais il n’en est rien.

Trou de gruyère : Votre plat préféré ?
M — La raclette !
A — Ah oui, c’est clair, le fromage chaud sous toutes ces formes !

Boire comme un trou : Votre vin préféré ?
M — Le  whisky !
A — Le vin blanc ! Tu vois, nous n’avons pas mis longtemps à te répondre ! (rires)

Trou de mémoire : une phrase, un mot, une citation, un  titre de livre pour finir…
A — On a une belle vie, on est heureux d’être là, de jouer ici…
M — Merci parce que c’est la première fois que l’on est en concert sur Dijon, c’est pas toujours facile de mettre ça en place, mais on est super heureux d’être ici ce soir !

L1120569

Au fond du Trou :

Plasterman est dans le vrai, la folk est un genre sérieux. Il y a ses codes, la liberté toujours triomphe ! Ce n’est pas l’allégorie du feu de camp, le jeunet chevelu et la belle énamourée. C’est de la poésie brute, c’est un diamant qui serait dans une gangue au cœur de la houille, une gemme maltraitée sous le manteau, découverte si près du sol, en un lieu aproprié à se laisser surprendre. Les Palsterman, ils sont heureux ! Bonheur de campagne et de scène. Manu, sa voix cassée, écailles de tatoué, et âme bienveillante. Tous deux se jettent avec implications dans la nuit.
La contrebasse slappe, Anne joue en métronome, elle nous séduit lorsque le jeu arpège (et quand bien même si ce serait un terme inadéquat à la pratique de son instrument). Les champs se font une place à la ville, et une chienne au doux nom de Chiara, en hommage, se présente dans une évocation de la relation à ses maîtres. L’instant s’architecture, d’un bloc de son, direct, franc, comme des lignes rectilignes. La trajectoire est puissante, elle demeure néanmoins naturelle : un galet avec lequel on tente un ricochet. Les émotions s’aiguisent à la pierre à huile, du sang de moteur qui bouillonne à la manière de globules, il alimente l’organisme, un circuit fermé, presque une piste de voitures miniatures qui filent à toute berzingue.
De partout des voix montent, copeaux de discussions, elles ne sont pas à rejeter et ne viennent pas ici, comme une plainte au cours d’un concert qui s’éternise ; en elles se trouve le délassement, ce sentiment qui ne peut naître que lorsque l’on se sent en sécurité. La mandoline, un flanc d’agrûme au son légérement zesté, finit dans une acidité toute distinguée à nous apporter l’accord parfait…

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com

Benoit1-moustache