Quatuor à Cordes d’Amsterdam

Par le trou de la serrure
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Le Quatuor se présente à vous:

Nous sommes un quatuor classique, deux violons, un alto, un violoncelle. Nous travaillons tous sur plusieurs projets, en orchestre philharmonique, dans la rue parfois ou dans des travaux plus intimistes.

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Elles ont accepté de se prêter au questionnaire du Trou :

« Rentrer dans le Trou » : Vos impressions sur Le Trou ?
J’adore ! Les pierres, c’est une endroit très agréable. Charmant, très bons vins, belle ambiance. J’ai l’impression de me retrouver dans un film de Quentin Tarentino, cette cave ressemble à celle dans Inglorious bastards : dans le film, tout le monde finit par mourir, (rires !)… Ça va aller directement sur le site internet, ce que je viens de dire ?

« Agrandir son trou » : Quelle est votre activité du moment ?
Leonard et Myrthe dirigent Muziek Buiten de Concertzaal « Musique en dehors des salles de concerts », et c’est bien approprié de jouer ici, parce que nous ne pouvons imaginer un endroit plus ressemblant : on peut, comme là bas, profiter d’un verre de vin, tout en écoutant de la musique. Sinon nous jouons dans différents projets, dans des orchestres, des formations de musique de chambre…

« Se réfugier dans un trou » : Un lieu où vous aimeriez jouer ?
Dans des lieux conventionnels, avec tout le décorum que cela implique, à l’entrée d’un musée, dans une salle de concert… Être en différents endroits, pour différents types de musique. Ici, nous jouons dans la rue, nous sommes en vacances, et nous revenons d’Italie, et c’est aussi pour gagner un peu d’argent, c’est une manière de financer nos vacances, c’est une petite tradition puisque c’est la troisième fois que nous partons en vacance avec nos instruments.

« Faire son trou » : Comment voyez-vous votre carrière ?
Faire ce que nous faisons actuellement, les orchestres, les projets personnels, la musique de chambre. Sjaan est la seule qui a un contrat avec un grand orchestre. Aussi longtemps que cela se passera comme ça, ça sera bien !

« Avoir un trou dans son emploi du temps » : une recommandation : une expo, un concert à ne pas rater ?
Nous sommes allés à l’opéra de Verone, dans le théatre antique, nous avons entendu l’opéra Turandot de Puccini… Nous étions très impressionnés par la qualité et l’accoustique, c’était une très belle expérience. À Bologne, nous avons fait un concert sur la scène d’un cinéma en plein air, à la fin du film nous avons joué pour les festivaliers. Beaucoup de jeunes sont restés pour nous écouter, c’était un moment inoubliable. Verone était une expérience fantastique ! 

« Trou de gruyère » : Votre plat préféré ?
Fromage, charcuterie… Non, le vin est plus important ! Bœuf bourguignon, escargots, asperges…

« Boire comme un trou » : Votre boisson préférée ?
Un vin de Bourgogne (rire !), Un Sancerre, un Champagne, un pinot noir…

« Habiter dans un trou » : Si vous étiez perdues sur une île déserte, qu’emportez-vous ?
Une femme, mais du coup ce n’est plus une île déserte, tant pis, une femme est mon violoncelle. Moi aussi, c’est un cliché, mais je prendrais mon violon, mais c’est un violon italien.

« Trou noir » : si vous étiez Miss Monde, que changeriez vous sur cette planète?
Je pense que Miss Monde ne peut rien changer, mais si nous étions miss monde, je voudrais convaincre de l’importance de la musique classique. Que les gens voient la beauté et partout où elle se trouve.

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Trou de vers :

Je n’ai pas de prétention, n’ai pas une connaissance empirique de la musique, je ne suis pas averti sur les techniques musicales que celles-ci supposent. Mais j’aime « les » musiques. J’apprécie lorsque les musiciens s’accordent avant que de concert ils se donnent au jeu. Ce qui compte à mes yeux, c’est le bonheur à l’écoute, l’abondance des sensations prodiguées à l’auditoire, ce fin fil tendu entre lui et les concertistes, ce mariage radieux.

Je n’écrirai pas comme d’autres qui le font avec brio. Et après, et avant ? Qu’importe !

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Me voici transporté ailleurs, je ne suis plus au Trou. Je me trouve en un champ, où, allongé, je me fais tout un conte des nuages plus haut qui défilent. L’instant d’après, je cours pieds nus, dans les salles basses d’un musée, je suis seul, les antiquités perses, les statues semblent me suivre du regard, et sous la lune, il m’apparaît que leurs ombres ne sont rattachées à rien. Le violoncelle, les deux violons, l’alto se font plus mélancoliques. Comment ne pas songer à ceux que l’on a aimés ? Mon âme semble flotter, là, au cœur de cette soudaine évocation née du ressenti du mouvement. Retentit cette toute-puissance de la clarinette, adjuvante au quatuor ; tant de vigueur, ses accents résonnent à en emplir tout espace. Et je me retrouve à nouveau dans cette pâture. Un vent facétieux bat les herbes folles. C’est finalement assez commun, ce n’est rien qu’un cliché de mon esprit, un Ektachrome qui se révèle avec lenteur, par vagues, avant de me troubler par la valeur de son grain. Il n’y a pas d’avant, il n’y a pas d’après, le futur est un reliquat barbare, si peu de fois apprivoisé. Subsistent les instruments, ceux qui les font vibrer, les chérissent. Ne survivra qu’un silence ultime, une photographie d’un moment charmant, gardé, là, en lieu et place où l’amour se love, en cette cage d’or où l’on préserve la rareté.

Muziek Buiten de Concertzaal

Texte de Benoit Marie Lecoin
Blog de l’auteur : benoitmarielecoin.tumblr.com
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